Je suis anglophone et francophile. J’ai commencé à parler le français à l’âge de 18 ans, lorsque j’ai entrepris mon baccalauréat en lettres françaises et en lettres anglaises à l’Université Sainte-Anne, une université acadienne de la Nouvelle-Écosse, où je suis née et où j’ai grandi. Le français m’a donné accès d’autres cultures et d’autres histoires, bref à tout un autre monde. Lorsque j’ai découvert le Québec pour la première fois lors d’un voyage à Trois-Rivières en 1996, j’ai eu un coup de foudre pour cette ville où des plaques arborant la poésie de Gatien Lapointe, Gaston Miron et Pauline Julien embellissent tous les coins de rue. Comment ne pas aimer cette belle langue et vouloir lui donner les outils dont elle a besoin pour fleurir ? Après tout, la langue française assure le vivre-ensemble : elle me permet de parler avec la dame qui travaille au dépanneur, le monsieur qui conduit un taxi ou l’infirmière de mon CLSC, et ce quelles que soient nos origines respectives. Malgré toutes ses exceptions, toutes ses difficultés, cette langue française possède la capacité d’unir les Québécois et de tisser un avenir commun, distinct et unique.

Or, le français est en déclin à Montréal, et plus particulièrement dans Sainte-Marie-Saint-Jacques. Il m’arrive souvent de prendre l’autobus, d’entrer dans un magasin ou de manger dans un restaurant et de me faire répondre en anglais, bien que je m’adresse toujours à mon interlocuteur en français. Le phénomène du « Bonjour-Hi » se répand de plus en plus. Bien que 94,4% des Québécois disent qu’ils peuvent parler français, moins de 50% des Montréalais parlent français autour de la table du petit déjeuner. C’est pourquoi un gouvernement du Parti Québécois s’engage à :

  • Adopter, dans les 101 premiers jours de son mandat, une Loi 202 qui regroupera ses positions linguistiques, incluant les mesures d’accueil, d’intégration et de francisation.
  • Mettre en branle une ambitieuse politique de francisation qui ciblera les futurs immigrants, les finissants des cégeps et des universités ainsi que les employeurs.

Selon Statistique Canada, le nombre d’entreprises où le français langue de travail cède la place à un bilinguisme intégral a franchi le cap des 10% à Montréal et progresse rapidement. Dans près de 60% des cas, il est désormais impossible d’obtenir un emploi à Montréal–y compris pour pelleter de la neige–si on ne démontre pas une connaissance de l’anglais. Le Parti Québécois s’engage à :

  • Mettre en œuvre l’article 1 de la loi 104 de 2002 faisant du français la langue unique de l’Administration dans ses communications avec les entreprises établies au Québec.
  • Rétablir le droit de travailler en français.
  • Étendre la loi 101 aux entreprises de 25 à 50 employés ainsi qu’aux entreprises et aux organismes à charte fédérale.
  • Mettre un cran d’arrêt à la pratique de nombreux employeurs réclamant la connaissance de l’anglais pour des tâches où cela n’est pas indiqué.

Depuis 15 ans, l’entrée de plusieurs cohortes d’immigrants sans connaissance du français (58% des immigrants en 2017) et les taux d’échec faramineux des cours de francisation (90% d’échec selon la vérificatrice générale) contribuent lourdement au déclin du français. Afin d’assurer la réussite de l’intégration des immigrants et des réfugiés, le Parti Québécois s’engage à :

  • Demander que 100 % des futurs immigrants et leur conjoint ne soient admis sur le territoire que s’ils démontrent une bonne connaissance du français, et assurer la francisation des réfugiés dès leur arrivée sur le territoire.

Le 23 août, la députée sortante de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Manon Massé, a affirmé que l’anglais est une langue officielle du Québec. J’ai été outrée d’entendre cette déclaration. L’article 1 de la Charte de la langue française (Loi 101) est sans ambiguïté : « Le français est la langue officielle du Québec. » Or, ce n’était pas sa première erreur à ce sujet. En 2014, elle a déclaré à CTV qu’après l’indépendance du Québec il faudrait déterminer « quelle langue on voudrait utiliser comme langue commune » (« which langage we want to use in common »).

À souligner également, le 27 août 2017, j’ai prononcé un discours lors d’une cérémonie marquant les 40 ans de la Charte de la langue française devant le buste de Camille Laurin et l’Office de la langue française. Malgré la présence de politiciens de plusieurs partis et de représentants des organismes de la société civile, Manon Massé était absente. Il en fut de même lors de la cérémonie soulignant les 50 ans du « Vive le Québec libre ! » devant l’Hôtel de ville de Montréal le 24 juillet 2017. Ces exemples démontrent que ce n’est pas notre langue maternelle qui détermine notre capacité de protéger la langue française, c’est notre passion. Les électeurs et électrices de Sainte-Marie-Saint-Jacques peuvent compter sur moi, une anglophone francophile, pour promouvoir sur toutes les tribunes des mesures pour protéger la langue française.